PROJET D’AMÉNAGEMENT DE LA MARINA DE BOULARI AU MONT DORE

A juste titre, l’étude d’impact relative au projet d’aménagement de la marina de Boulari met l’accent sur la destruction de 2800 m2 de mangrove qui constitue l’aspect le plus préoccupant du projet en matière de protection de l’environnement.

Faut-il rappeler que Nouméa a été construite en grande partie sur du remblai de mangrove et que dans les années 70 encore, on mesurait l’attractivité d’une ville à la hauteur de ses immeubles, la largeur de ses avenues ou le nombre de places dans ses marinas ….

Mais les temps ont changé, on a pris conscience un peu partout sur la planète du bénéfice que l’on peut tirer d’un espace naturel au beau milieu d’un centre urbain. Il apparaît clairement aujourd’hui que le critère d’attractivité qui prend le dessus est la qualité de la vie étroitement liée à la surface et à la quantité des parcs naturels et espaces verts disponibles. De plus en plus, la valeur ajoutée d’une ville est davantage liée à sa capacité à garder, voire à augmenter ses espaces naturels plus qu’à remblayer ou bétonner le littoral. Il n’est donc pas sûr que le fait de détruire de la mangrove pour en faire une marina et compenser la perte en plantant des palétuviers ailleurs soit une opération écologiquement et même économiquement profitable et d’intérêt général. Continuer la lecture de PROJET D’AMÉNAGEMENT DE LA MARINA DE BOULARI AU MONT DORE

OBSERVATIONS DANS LE CADRE DE L’ENQUÊTE PUBLIQUE VALE NC SAS

EXPLOITATION MINIERE PAR VALE NC SAS AU PLATEAU DE GORO

Alors que l’exploitation minière occupe, depuis plusieurs générations, une place prépondérante dans le paysage néo-calédonien, elle a souvent échappé «  à l’œil du public », pour reprendre l’expression d’un article paru récemment dans LNC.

  • L’enquête publique, une « simple formalité administrative » ?

En 2008, seules l’usine et l’aire de stockage avaient fait l’objet d’une étude d’impact avec enquête publique au titre d’ICPE (Installations Classées Pour l’Environnement). Jusqu’à une époque récente, et l’adoption du code minier de 2009, la réglementation minière n’imposait pas, cette procédure pour l’exploitation minière. L’ouverture d’une enquête publique pour l’exploitation minière du Plateau de Goro par Valé constitue donc en soi,   une avancée juridique qu’il convient de saluer.

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Vous avez dit: « Transition énergétique » ?

Le Schéma de transition énergétique de Nouvelle Calédonie définit la politique de la Nouvelle Calédonie pour les prochaines quinze années à venir (horizon 2030). Il fixe :

  • Les objectifs quantifiés de réduction des consommations énergétiques
  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • Le développement des énergies renouvelables

Il a également vocation à préciser la contribution de la Nouvelle Calédonie dans le cadre de la COP 21 les 28 et 29 novembre à Paris. (p.7)

  1. Quelle est la place de la Nouvelle Calédonie dans le cadre de la COP 21 ?

La COP 21, qui se situe dans le prolongement du Protocole de Kyoto, a principalement pour finalité de limiter le réchauffement à l’échelle de la planète à 2°C et d’obtenir que les Pays qui y participent, prennent les mesures pour atteindre cet objectif. C’est ce qui a conduit la France à élaborer et progressivement mettre en œuvre un schéma de transition énergétique.

Quand la France a signé le Protocole de Kyoto, elle a délibérément exclu la Nouvelle Calédonie de son application, à la demande des élus calédoniens. Il est donc légitime de s’interroger sur la place de la Nouvelle Calédonie à la COP 21.

Quand la Nouvelle Calédonie fait référence à la COP 21, dans le Schéma de transition énergétique, cela ne constitue au regard du droit international, qu’une référence morale, sans la moindre incidence contraignante sur sa politique énergétique. Entre les objectifs dans le cadre de la COP 21, qui devraient se traduire par des mesures importantes pour les Pays qui y adhèrent, et les objectifs « affichés » dans le schéma de transition énergétique calédonien, il n’y a pas commune mesure . Il n’y a, de la part de la Nouvelle Calédonie qu’une déclaration d’intention, au mieux un engagement moral de réduction de la consommation d’énergie fossile et d’émission de gaz à effet de serre.

Si elle se rend à la COP 21, la Nouvelle Calédonie va-t-elle afficher clairement les quantités de CO2 rejetées par habitant ? Va-t-elle prendre ses responsabilités sur la scène internationale, ou va-t-elle faire profil bas en camouflant/ diluant ses émissions de gaz à effet de serre dans le total métropolitain ? Comment va-t-elle assumer le paradoxe qui consiste précisément à être un Pays insulaire du Pacifique donc directement concerné par le changement climatique et, de se trouver dans le même temps dans le peloton de tête des pays émetteurs de gaz à effet de serre ?

  1. Le schéma de transition énergétique de Nouvelle Calédonie : un écran de fumée ?

Le schéma de transition énergétique fait état (p.13) d’objectifs chiffrés en matière de réduction de nos consommations énergétiques, d’accroissement de la part des énergies renouvelables (100% pour la distribution publique !), et de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre :

  • Moins 35% dans les secteurs résidentiels et tertiaires
  • Moins 10% dans le secteur de la mine et la métallurgie
  • Moins 15% pour les transports

Ces derniers chiffres appellent plusieurs remarques : Continuer la lecture de Vous avez dit: « Transition énergétique » ?

communiqué

Suite à l’article paru dans Les Nouvelles calédoniennes du 23 avril 2015 sous le titre « Une coquille toujours vide ? », Action Biosphère souhaite faire part de ces précisions.
Depuis plus de 20 ans, notre association est engagée dans la défense de la nature en Nouvelle-Calédonie ; elle est donc favorable par principe à la création d’un parc naturel marin. Pourtant elle a déposé un recours au Tribunal Administratif contre l’arrêté n° 2014 – 1063/GNC du 23 avril 2014 portant création du Parc Naturel Marin de la Mer de Corail, pour les motifs suivants :
• Une appellation abusive
La Délibération n°51/CP du 20 avril 2011 portant sur la création d’aires marines protégées en Nouvelle-Calédonie stipule, en son article 3, qu’une Aire Marine Protégée est « une zone dédiée à la protection et au maintien de la diversité biologique et des processus écologiques qu’elle comporte ainsi que des ressources naturelles et/ou des valeurs culturelles qui lui sont associées ». Or le Parc naturel marin est une Aire Marine Protégée, et à ce titre, sa vocation première ne peut être que la conservation de la nature. Mais cette finalité n’apparaît pas de façon explicite dans l’arrêté de création du Parc Naturel Marin de la Mer de Corail. Sa portée a été considérablement atténuée et diluée, puisqu’il s’agit, parmi d’autres orientations, de : « protéger les écosystèmes, les habitats et les espèces, ainsi que le patrimoine culturel, en recherchant le meilleur équilibre entre conservation et développement des activités humaines… ». Cette formulation ambigüe ouvre la porte à toutes sortes d’activités y compris l’exploitation de ressources sous-marines, d’hydrocarbures… qui peuvent se révéler extrêmement destructrices pour le milieu. Elles pourraient être tolérées dans la ZEE rebaptisée pour l’occasion Zone d’Aménagement Concertée pour le Développement Durable, mais n’ont pas leur place dans une aire marine
protégée.
• Une opération de communication
Si l’objectif principal de la création du Parc naturel de la Mer de Corail n’est pas la conservation de la nature, quels en sont les motifs ? C’est d’abord l’instauration d’un label, qui crée une image. Afficher la création d’un Parc Naturel de plusieurs centaines de milliers de km2 permet de donner du pays, une image vertueuse. On en a bien besoin, avec le rejet de 36 tonnes de CO2 par habitant. Dans les futures négociations sur le climat, le Parc Naturel marin peut peser lourd et peut même permettre à la Nouvelle Calédonie de se présenter en leader des pays insulaires du Pacifique en croisade contre le réchauffement climatique. Investir dans le développement durable, c’est somme toute une opération qui ne coûte pas cher et qui peut rapporter gros. Elle permet, tout en ne procédant qu’à des changements cosmétiques, de poursuivre un développement industriel débridé, lié exclusivement à l’exploitation du nickel. Et surtout de ne rien changer…
• Des procédures réglementaires non respectées
Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises, de rencontrer le membre du Gouvernement en charge de ce dossier pour lui faire part de nos griefs et lui présenter des propositions garantissant au mieux la finalité du Parc, à savoir: la préservation du milieu et un renforcement des bases juridiques. Nous demandons notamment, dans le cadre d’un arrêté modificatif, la prise en compte des points suivants :
1. Affirmer de façon explicite que la principale finalité du Parc Naturel est bien la conservation de la nature
2. Respecter dans les statuts et la gestion du Parc, les principes constitutionnels de protection de l’environnement, notamment le principe de précaution, l’étude d’impact, la participation du public.
3. La transparence des règles de gestion du parc, qui comprend la nomination des membres du comité de gestion, et donner à l’avis du Comité de gestion un caractère plus contraignant.
Nous ne pouvons cautionner un projet qui vise, sous l’appellation de « Parc Naturel Marin », la promotion et le développement d’activités connues pour leurs impacts désastreux sur l’environnement. Nous restons toutefois disposés, dans la mesure de nos moyens, à apporter notre contribution à la construction d’un Pays respectueux de la nature et des hommes.

Le 30 avril 2015,
ACTION BIOSPHERE

cyclone

Pour une politique volontariste de protection de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique en Nouvelle-Calédonie

Table Ronde avec Nicolas Hulot du 17 novembre 2014

Contribution d’Action Biosphère

Dans le cadre d’une table ronde organisée par le gouvernement le 17 novembre 2014, les associations environnementales de Nouvelle Calédonie sont invitées à rencontrer Nicolas HULOT pour faire le point sur les principaux problèmes environnementaux en Nouvelle Calédonie. Voici les dossiers qu’Action Biosphère estime devoir être traités prioritairement :

  1. Une politique cohérente de lutte contre le réchauffement climatique
  1. Où en sommes-nous ?

En 2015, avec 3 centrales thermiques au charbon, 3 usines métallurgiques, la Nouvelle Calédonie rejettera 8,8 millions de tonnes de CO2/an, soit 36,8 t/hab/an et se situera dans le peloton de tête des pays émetteurs de gaz à effet de serre. A titre de comparaison, la France se situe à 8,5 t/hab/an.(Source : Rapport des 9 ateliers diagnostic – NC 2025)

  1. Une situation paradoxale

Pour des raisons obscures, le Protocole de Kyoto n’est pas applicable en Nouvelle Calédonie. Le développement effréné de l’industrie du nickel se traduit par une augmentation sans précédent de ses émissions de CO2. Mais par solidarité avec les populations des états insulaires du Pacifique, menacées par la montée des eaux, elle se doit de prendre des mesures concrètes et ne pas se contenter d’opérations de communication en agissant sur ses sources d’émission de CO2.

  1. Quelles mesures prendre ? Continuer la lecture de Pour une politique volontariste de protection de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique en Nouvelle-Calédonie

• Une victoire symbolique qui restera dans les annales

 Le 25 février 2014, la société Valé NC a été reconnue coupable par la Cour d’Appel de Nouméa pour la pollution industrielle du Creek de la Baie Nord par déversement acide survenu le 1° avril 2009. Elle a aussi été condamnée à payer 40 millions CFP pour la réparation des dommages causés aux 5 associations de défense de la nature qui avaient engagé le recours contre l’industriel : Action Biosphère, Codef Sud, Corail Vivant, EPLP et Point Zéro. Cet arrêt est une première qui fera jurisprudence, moins pour la somme obtenue, qui reste modeste au regard des dégâts infligés à l’environnement, que pour sa valeur symbolique : la Justice a reconnu que les associations ont eu raison d’agir pour défendre le patrimoine naturel calédonien et elles sont fondées à réclamer réparation. Pour dissiper toute ambiguïté, les associations ne pourront affecter les sommes obtenues qu’à des actions en rapport avec leur objet dans le cadre des statuts qui les régissent. Continuer la lecture de • Une victoire symbolique qui restera dans les annales

LE DEVELOPPEMENT DURABLE : DERRIERE LA NEBULEUSE, UN MIROIR AUX ALOUETTES ?

La seconde édition d’Océania 21 Meetings vient de s’achever. Du 28 juin au 2 juillet 2014, elle a rassemblé à Nouméa, des délégations d’une quinzaine de territoires et d’états du Pacifique, des experts et des représentants d’ONG internationales. Cette conférence initiée par le gouvernement calédonien est l’expression d’un « think tank », qui a vocation à faire l’interface entre les décideurs politiques et des experts ou « dépositaires de techniques et de savoir ». L’objectif d’Océania 21 est de fédérer ces états pour faire entendre leur voix auprès de la communauté internationale, pour dénoncer les conséquences désastreuses du réchauffement climatique dont ils sont les premières victimes. Ils tentent également de promouvoir des projets concrets de développement durable adaptés à leur environnement et à leurs populations et de mobiliser des fonds pour soutenir ces projets.

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LE PARC NATUREL DE LA MER DE CORAIL : « UNE COQUILLE VIDE »  OU UNE MANIPULATION NEOCOLONIALE ?

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         Dans un article des Nouvelles Calédoniennes paru le 25 avril 2014 sous le titre « La mer devient un parc », on apprend que le gouvernement, par un arrêté du 24 avril a décidé de classer 1,3 millions de km2 de la ZEE calédonienne en Parc Naturel Marin.

Si l’on s’en tient au titre, tout citoyen soucieux de l’environnement ne peut que se réjouir de cette initiative, surtout quand on se souvient des obstacles que les autorités néocalédoniennes avaient opposés, sous le règne Lafleur, au projet d’inscription du lagon sur la liste du patrimoine de l’UNESCO. Compte tenu des dégradations que subissent les océans de la planète, toute mesure visant à leur préservation ne peut qu’être saluée et soutenue.

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L’APRES NICKEL, C’EST AUJOURD’HUI

degatsmines

Le nickel n’est pas une ressource renouvelable. Son exploitation entraîne des conséquences désastreuses sur l’environnement : érosion, pollution des creeks et du lagon, dégradation des écosystèmes….En Nouvelle Calédonie, l’industrie du nickel ne respecte pas les principes du développement durable. C’est la raison pour laquelle il faut en sortir et adopter dès à présent des technologies alternatives garantissant une qualité de vie durable et un mode de vie convivial, respectueux de la nature et des hommes.

Le 7 mai, une fuite de 96 m3 de solution acide sur le site de Vale NC a provoqué la mort de nombreux poissons et organismes aquatiques, dont certains inscrits sur la liste rouge de l’UICN et classés en danger d’extinction. Cet « incident », 5 ans après la fuite d’acide du 1er avril 2009, est le dernier en date d’une longue série d’agressions, plus ou moins connues, que l’industrie minière inflige à la nature du Sud depuis plus de 20 ans.

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mine goro chantier

La fumée dans l’œil, un éléphant nous regarde…

LETTRE OUVERTE A L’OBSERVATOIRE DE L’ENVIRONNEMENT DE LA PROVINCE SUD (OEIL)

« La fumée dans l’œil, un éléphant nous regarde… »

 

A l’heure où Valé Nouvelle-Calédonie annonce l’arrêt temporaire de son usine en raison d’importantes défaillances techniques ( cf. LNC du 13 juin 2012), et où l’industriel se voit condamné pour la fuite acide du 1er avril 2009,le dernier magazine de l’ŒIL (Observatoire de l’Environnement en Province Sud) tombe à pic. Il porte pour l’essentiel sur le « Grand tuyau » et son impact sur le milieu. Pour ceux qui en doutaient encore, le message de l’Oeil est clair : expertises scientifiques à l’appui, les effluents de l’usine n’ont aucun effet notable sur le lagon… De quoi redorer une image qui commençait sérieusement à s’étioler. Sauf que les arguments développés dans le magazine méritent une lecture attentive et suscitent même des doutes que partage Raphaël Mapou, le président de l’Oeil, quand il parle dans son édito des « limites de la modélisation ».

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nuke

Le nucléaire, une énergie écologique ?

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR SAND

Cher Monsieur Sand,

Lors du journal TV de Nouvelle-Calédonie du 11 mars 2012, vous avez exprimé un certain nombre d’opinions à propos de l’énergie nucléaire qui m’ont laissée perplexe et ont suscité quelques observations et questions que je me permets de vous communiquer en tant que citoyenne soucieuse de notre santé et de notre environnement.

Vous affirmez en effet que « le nucléaire est dangereux, mais qu’il suffit, puisqu’on le sait de prendre les mesures qui s’imposent ». Vous savez comme moi que les trains ont été conçus pour ne jamais dérailler, les avions pour ne jamais s’écraser et les centrales nucléaires pour ne jamais exploser. Et pourtant, même si on peut le déplorer, il y a des trains qui déraillent, des avions qui s’écrasent et des centrales qui explosent. La différence entre une catastrophe ferroviaire ou aéronautique et l’explosion d’une centrale nucléaire, c’est que les conséquences sont d’une gravité sans commune mesure.

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L’échangeur de l’étrier, un gadget démagogique, dispendieux et anachronique

Un projet « parachuté », qui ne s’inscrit pas dans une réflexion globale de développement urbain, ni dans un Schéma de Déplacement cohérent

On aurait pu s’attendre, pour un projet de cette ampleur qu’il s’inscrive dans une réflexion plus globale sur le développement urbain à venir et que dans sa présentation, il soit fait plus largement référence à des textes réglementaires qui encadrent le développement urbain tels que le PDU ( Plan de Déplacement Urbain ) en métropole ou des outils locaux de prospective tels que le PDAN ( Plan de Déplacement de l’Agglomération de Nouméa) ou encore le SCAN ( Schéma de Cohérence de l’Agglomération Nouméenne). Continuer la lecture de L’échangeur de l’étrier, un gadget démagogique, dispendieux et anachronique

Pour sauver la planète, sortez du capitalisme

Un titre qui sonne comme une provocation ; Un livre qui dérange et qui ne manquera pas de susciter, des poussées d’urticaire. Et pourtant l’idéologie capitaliste dominante fait aussi en Nouvelle Calédonie, des ravages perceptibles :

  • dans le paysage, avec une dégradation continue des milieux naturels,
  • dans les relations sociales, avec une croissance criante des inégalités
  • dans les mentalités, avec le développement de la consommation ostentatoire des biens matériels, la course au profit, l’esprit de compétition et un individualisme triomphant au détriment des valeurs traditionnelles océaniennes, de solidarité et de partage.
  • Et même dans les croyances, avec une foi dogmatique dans la croissance économique, la valeur absolue du PIB et les miracles de la technologie, susceptible  de nous sauver de tous les maux.

Cette idéologie imprègne notre vie quotidienne, au point de nous paraître  naturelle et  de nous empêcher d’imaginer qu’ « un autre monde est possible ». Hervé KEMPF, explique en un langage accessible et sans faux semblant quels en sont les rouages. Il donne des clés pour en comprendre le fonctionnement. Il esquisse aussi des pistes pour en sortir.

A l’heure où tout le monde parle de « construire le Pays », on ne peut qu’encourager à lire ce livre pour qu’à tous les niveaux,  chacun fasse passer le bien commun avant le profit, la coopération avant la compétition, et l’écologie avant l’économie.

Contribution au Grand débat sur l’Ecole

QUELLE PLACE POUR ÉDUCATION A L’ENVIRONNEMENT  DANS LE GRAND DÉBAT SUR L’AVENIR DE L’ÉCOLE EN NOUVELLE-CALÉDONIE ?

Quelle place allons-nous accorder à l’éducation à l’environnement  dans le système éducatif calédonien suite au transfert de compétence ?  La parole nous est donnée dans le cadre du Grand débat sur l’avenir de l’école organisé par le gouvernement de faire des propositions.  Vous trouverez ci-dessous un extrait d’une contribution plus complète, dont on peut prendre connaissance in extenso sur le site www.monpaysmonecole.gouv.nc:

Quiconque porte un regard lucide sur l’état de la planète et la crise financière, économique, sociale que traversent nos sociétés, se pose nécessairement la question : « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? », qui renvoie à une autre question : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? »

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Alerte aux requins dans la Baie des Citrons

BD01Un miroir aux alouettes.

Pour « vendre » son projet, le promoteur déclare «  amener une enseigne de luxe ». Il le justifie en déclarant développer le tourisme haut de gamme et en annonçant la création de 150 emplois et un taux de remplissage de 100% pour ses 20 bungalows.

Ce projet se situe dans la droite ligne de la politique touristique menée en Nouvelle Calédonie depuis des dizaines d’années, avec les résultats que l’on connaît : un taux de remplissage médiocre et un tourisme qui ne décolle pas. Continuer la lecture de Alerte aux requins dans la Baie des Citrons

L’activité nickel en Nouvelle-Calédonie : pertes et profits

1. Pourquoi un bilan est-il nécessaire ?

a)      Un moment charnière :

Nous sommes à un moment charnière de l’activité nickel en Nouvelle Calédonie :

–         les gisements à forte teneur se font rares, ce qui conduit les industriels à recourir au minerai de latérites et donc à remplacer la pyrométallurgie par l’hydrométallurgie. Le coût de l’énergie ne peut qu’accélérer cette tendance. Continuer la lecture de L’activité nickel en Nouvelle-Calédonie : pertes et profits

L’après Nickel, c’est aujourd’hui

Le déséquilibre économique du Pays reste une réalité avec une forte concentration dans le Sud des entreprises et des populations salariées. Cette situation tend cependant à se transformer grâce à une volonté politique découlant de l’Accord de Nouméa dont l’usine du Nord et l’ensemble de la zone VKP  sont l’illustration et une pièce maîtresse. Soutenu par la quasi-totalité de la classe politique calédonienne, des autorités coutumières, des populations et par l’État, le projet du Nord est porteur d’espoirs. L’actionnariat de la Province Nord dans le projet doit permettre, à terme, une diversification des activités, le  maintien des populations et le renforcement du tissu social et économique. Continuer la lecture de L’après Nickel, c’est aujourd’hui

Chutes de la Madeleine

Extraordinaire Madeleine

La rivière des Lacs est le joyau de la plaine du même nom. Sous le nom de ‘Madeleine’, ce cours d’eau hors du commun doit sa notoriété à sa chute, étape touristique incontournable aux portes du « grand Sud ». L’ambiance du grand Sud ne fait pas place pour la tiédeur. On en est envoûté ou on la déteste. Les détracteurs font grief de cette terre rouge indélébile qui tache les vêtements et corrode les carrosseries. Ils reprochent aussi le manque d’espace herbeux, l’ombre plus que parcimonieuse… et cette cuirasse omniprésente:  le confort spartiate de coussins rembourrés en noyaux de pêche!

MAIS resterez-vous insensible devant l’accord parfait des trois couleurs posées par la main du Grand Maitre le rouge rouille du chrome de fer, le vert bouteille de la végétation et le bleu céruléen du ciel ?

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Le lourd bilan écologique du groupe minier Vale

Courrier international du 24 mai 2012

2405-vale

(Des paysans brésiliens déversent de la peinture rouge devant le siège de Vale à Rio de Janeiro, le 18 avril, pour protester contre les dommages environnementaux causés par l’entreprise. AFP)

 

A quelques semaines de Rio + 20, le sommet mondial sur le développement durable, un collectif d’ONG dénonce les pratiques du brésilien Vale, deuxième plus grand groupe minier au monde.

La société minière Vale se trouve de nouveau sous les projecteurs. Un rapport, « Le non-développement durable de Vale 2012″, rendu public le 18 avril à Rio, porte des accusations pour le moins sévères contre l’entreprise brésilienne privatisée en 1997. Selon l’organisation Articulation internationale des victimes de Vale (AIVV), qui regroupe 30 mouvements sociaux au Brésil, en Argentine, au Canada, au Chili et au Mozambique, Vale aurait causé en 2010 des dégâts sur l’équivalent d’une superficie de 741,8 km².

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