Vincent Kerriguy

Sur la forme, nous déplorons une fois de plus, que l’enquête publique relative à la centrale thermique au charbon de Doniambo ne dure que 15 jours. Ce laps de temps ne permet pas de prendre connaissance du dossier ( 4 volumineux classeurs) de façon satisfaisante, d’étudier la somme des informations mises à la disposition du public ni de réagir comme il le conviendrait, c’est-à-dire pour des associations, consulter leurs adhérents et formuler une argumentation pertinente après concertation.

De plus les conditions de consultation notamment les horaires ne facilitent pas la participation du public, qui devrait pourtant être l’objectif de la procédure. Nous demandons donc la prolongation de l’enquête publique d’au moins 15 jours supplémentaires et la mise en ligne du dossier pour qu’il puisse être consulté par internet, ou sous forme numérique.

Sur le fond :

1. La localisation :

L’usine de Doniambo date d’une centaine d’années et  se trouvait à l’origine en périphérie de la ville. L’agglomération de Nouméa s’est depuis considérablement étendue et englobe aujourd’hui le site. Il n’est un secret pour personne que l’usine et la centrale thermique qui l’accompagne, émettent de grosses quantités de poussière et de fumée qui impactent les quartiers résidentiels à proximité immédiate comme la Vallée du Tir, Montravel ou Ducos et même plus éloignés, comme Magenta. Même si Doniambo se trouve inscrit au PUD de Nouméa sous la rubrique Installation Industrielle Lourde, compte tenu des effets potentiels des rejets sur la santé et l’environnement, et aussi des risques en cas d’accident, nous considérons que ce site n’est plus approprié pour accueillir les installations  d’une industrie lourde nécessairement polluante à proximité immédiate de quartiers résidentiels. Pour permettre à Doniambo de fonctionner, faudra-t-il un jour envisager de déménager Nouméa ?

2. La biosécurité et les risques d’introduction d’espèces dangereuses liés à l’importation massive de charbon.

Le charbon, mais aussi le calcaire ou d’autres substances nécessaires à la centrale thermique seront  importés d’Australie, ou d’autres pays d’Asie ou du Pacifique et  peuvent contenir quantité d’organismes vivants (scorpions, araignées, fourmis….) encore inconnus en Nouvelle Calédonie, qui risquent de se propager et porter gravement atteinte aux cultures, à l’environnement naturel ou même à notre santé. Compte tenu des quantités de matériaux importés, ( 650 000 tonnes de charbon par an) nous sommes très inquiets des conséquences éventuelles que pourrait avoir l’introduction accidentelle d’espèces nuisibles et nous nous interrogeons sur les moyens de contrôle qui seront mis en place pour prévenir ce risque, et aussi des responsabilités en cas d’incident. La responsabilité et éventuellement la prise en charge des coûts d’éradication sont-elles du ressort de la SLN ou  des services phytosanitaires ?

3.    Le choix du charbon

Les critères qui ont conduit l’industriel au choix d’une centrale au charbon sont essentiellement la disponibilité, le rendement et la puissance, la facilité de stockage et le coût au Kwh. Un autre argument avancé est que 40,3% de l’électricité produite dans le monde vient du charbon, et que la production de Doniambo serait une goutte d’eau par rapport à cette production. Cet argument n’est toutefois pas recevable si on prend en compte les préconisations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ( GIEC) qui demande l’abandon du charbon et qui affirme que les émissions de gaz à effet de serre doivent baisser maintenant pour empêcher la déstabilisation définitive du climat.  (Source : quatrième rapport du Giec, Résumé à l’intention des décideurs, 2007). Une autre source d’énergie pouvait pourtant être envisagée : le gaz, qui est moins émetteur de CO2, et on ne peut que regretter qu’aucune étude comparative chiffrée n’ait été produite. Si on prend en compte l’ensemble des besoins (Goro Nickel, Doniambo, Koniambo et les besoins de consommation domestique), une telle étude aurait pourtant mérité d’être faite, à l’échelle du Territoire.

L’industriel déclare mettre en œuvre les Meilleures Technologies disponibles et annonce un rendement de 36%. Il semblerait pourtant que les centrales les plus récentes dites centrales thermiques super critiques,  dépassent un rendement de 40%, ce qui permettrait une économie de charbon et la réduction du rejet de CO2

Le principal critère est le prix relativement abordable du charbon par rapport à l’envolée du fuel. Toutefois, le charbon, comme le fuel ne sont pas des sources d’énergie intarissables. Les réserves de charbon sont évaluées à 155 ans, et les cours du charbon ne sont pas stables. Ils ont doublé en moins d’un an, passant de 89$ la tonne fin 2007 à 200$ en juillet 2OO8, pour revenir à plus de 16O$ aujourd’hui. Vu le nombre réduit de pays exportateurs et la demande interne de la Chine, certains experts parlent d’ores et déjà de pénurie, avec le risque d’une envolée des cours. Qu’adviendrait-il en cas de chute des cours du nickel et de forte augmentation des cours du charbon ?  

L’industriel affirme qu’il utilisera du charbon à faible teneur en soufre,  mais il reconnaît aussi que «  le pouvoir polluant des cendres, en raison de la diversité du combustible est difficile à prévoir », ce qui laisse planer un doute sur la composition réelle du charbon. Le procédé semble admettre l’utilisation de biomasse. La nature de cette biomasse doit être précisée, en particulier s’il s’agissait de déchets ménagers. Nous rappelons en effet notre ferme opposition à tout projet d’incinération des déchets ménagers.

Le procédé mis en œuvre est dit à lit fluidisé circulant, avec auto désulfuration de calcaire, nécessitant aussi du sable. Quelles sont les quantités de calcaire et de sable requises et d’où va-t-on les faire venir ?

4.     Les rejets et leurs impacts sur la santé et l’environnement

La centrale thermique rejettera essentiellement de l’eau (sanitaire, pluviale et du process), des gaz (essentiellement SO2, NO2,CO2, ) des poussières et des cendres.

a)      L’eau du process

L’eau du process sera surtout de l’eau de mer traitée par chloration et sulfate de fer. Le débit de l’eau de refroidissement sera de 40425 m3/heure et pourra former un panache thermique qui affecterait plus ou moins fortement les communautés biologiques en fonction de leur position. Il pourra s’étendre jusqu’à la presqu’île de Koumourou. Une étude est en cours pour déterminer les bio indicateurs les plus appropriés pour un réseau de suivi de la qualité des eaux et de l’impact industriel dans la Grande Rade. Même si la zone est déjà fortement impactée par les activités anthropiques, une telle étude nous paraît être un préalable à toute nouvelle installation industrielle parce qu’elle permettrait de faire un point zéro de la situation.

Aucune mesure d’atténuation ne semble envisagée, ni l’hypothèse d’une valorisation de l’eau chaude, qui aurait pourtant mérité d’être étudiée.

Des additifs pour éviter la corrosion, seront utilisés. Leur nature, les quantités et leurs effets éventuels auraient du être précisés. Les eaux de vidange du circuit ayant un PH de 11 subiront un traitement spécifique qui mériterait également d’être précisé, ainsi que le traitement des résidus de la déminéralisation.

 b)      Les rejets atmosphériques

Ils se présentent essentiellement sous la forme de particules solides, SO2, NO2, composés organiques volatiles ( COV), d’hydrocarbures aromatiques polycycliques ( HAP), de métaux lourds et de CO2.

Le dioxyde de soufre et l’oxyde d’azote sont à l’origine des pluies acides et de l’acidification des sols. Même si ces phénomènes n’ont pas encore été vérifiés en Nouvelle Calédonie et qu’ils n’ont fait l’objet d’aucune étude, nous estimons que des mesures de contrôle et de suivi doivent être mises en place, en particulier dans la zone de Koumourou à l’extrémité de la presqu’île de Ducos où s’étend une forêt sèche particulièrement intéressante et préservée, seul lieu de la presqu’île de Nouméa qui abrite encore des bulimes.

Dans l’ensemble de la zone pouvant être impactée par les rejets atmosphériques de la centrale, des mesures doivent être faites pour contrôler l’acidité des sols, mais aussi la teneur en métaux lourds, sur les parcelles où on pratique des cultures maraîchères.

Les valeurs de concentration moyennes de SO2 et de NO2 annoncées sont inférieures  aux valeurs de référence. Nous estimons toutefois que des moyennes annuelles peuvent occulter des périodes de pics plus ou moins longues qui peuvent être très préjudiciables. Elles  ne sont pas des indications susceptibles d’engager des mesures préventives ou d’atténuation qui s’imposent dans ces cas. Le SO2 et le NO2 peuvent en outre occasionner une gêne olfactive, que les Nouméens n’auront pas d’autre solution que de supporter.

Les COV et autres HAP, provenant d’une combustion incomplète des hydrocarbures peuvent être irritants, voire cancérigènes, comme le benzène.  

c)      Les poussières et les métaux lourds

Ils sont reconnus comme pouvant être dangereux pour la santé et confirment notre point de vue sur le caractère inapproprié du site à proximité immédiate d’une ville qui ne cesse de s’étendre. Le mercure pourrait être particulièrement préoccupant. Dans un article paru en 1991, on peut lire qu’une centrale thermique classique de 100Mw émet environ 25 livres de mercures par an. Or une quantité très faible ( 1/70è ) d’une cuillère à café suffit à polluer un étang dans lequel la chaîne alimentaire va reconcentrer le mercure au point que les taux de mercure dans les poissons dépassent les seuils considérés comme sûrs pour la consommation. Ce phénomène peut évidemment toucher aussi les poissons de mer. Est-il prévu un dispositif spécifique de retrait de ce métal ou un contrôle en amont de la teneur en mercure du charbon ? L’assertion « Le risque cancérigène global peut être considéré comme acceptable » est très significative de l’intérêt que le promoteur porte à la santé publique. Aurait-il droit comme l’armée à un pourcentage de pertes ? L’assertion suivante est à peine plus acceptable : « Les risques cumulés liés à l’ensemble des expositions ne sont pas imputables aux émissions de l’installation mais au « bruit de fond de la qualité de l’air de la ville ». Elle tend à exonérer l’industriel de toute responsabilité.

d)      Les cendres

Elles sont considérées comme des déchets inertes et leur composition serait difficile à prévoir. Il n’est donc pas exclu qu’elles puissent se révéler toxiques. Il est envisagé de les valoriser dans une cimenterie ou éventuellement de les stocker sur le site, avec la scorie, éventuellement en les mélangeant. L’incertitude sur leur composition, et donc leur caractère potentiellement dangereux ainsi que leur devenir n’est pas recevable. Le stockage sur place reviendrait à considérer le site comme une aire de déchets relevant d’une réglementation spécifique. Les poussières les plus fines inférieures à 2,5 microns qui pénètrent facilement les voies respiratoires et les cendres volantes peuvent voler à des distances supérieures à 100 kms et contaminer la mer, les sols et même les eaux souterraines.

5.    Les rejets de  CO2 et leur compensation

La centrale thermique de Doniambo s’inscrit dans un programme d’équipement du Pays en centrales thermiques au charbon, avec Prony Energie et Koniambo. Ce choix semble s’imposer compte tenu des exigences des industries métallurgiques en énergie et du coût aujourd’hui relativement abordable du charbon. Il implique toutefois le rejet de quantités très importantes de CO2, principal gaz à effet de serre et donc facteur prépondérant des changements climatiques. La Nouvelle Calédonie se trouve exclue des contraintes inhérentes au Protocole de Kyoto, ce qui lui permet d’envisager un développement sans restriction de l’énergie au charbon. La puissance annoncée de la centrale de Doniambo est de 210 MW, qui génèrerait 1 747 620 tonnes de CO2 par an. Ces émissions s’ajouteront à celles de Prony Energie ( 832 200 t/an) et de Koniambo ( 2 912 700 t /an ) pour atteindre un total de 5 492 520 t / an, qui s’additionneront aux émissions déjà existantes. Les rejets de CO2 pour l’ensemble du Pays s’élèveraient ainsi à 32,5 t / an contre 20 t / an pour les USA et 8,2 t / an pour l’Europe occidentale. Au tarif tutélaire du carbone du centre d’analyse stratégique ( Note n° 1O1 de juin 2008) fixé à 32 Euros la tonne en 2010, le coût de la totalité des émissions de CO2 de la centrale de Doniambo s’élèverait à :1 747 620 x 32 = 55 923 840 Euros par an. Il n’est pas exclu que le Protocole de Kyoto soit un jour révisé et que la Nouvelle Calédonie ne soit plus exemptée de son application. Dans cette hypothèse, l’industriel va-t-il prendre à sa charge ce coût ou celui-ci sera-t-il imputé également aux contribuables ?

Dans le résumé non technique, le paragraphe portant sur les compensations tient en une dizaine de lignes, et quelques propositions de « participer techniquement et financièrement  à différentes actions visant la réduction d’émissions polluantes, l’économie d’énergie ou d’intérêt environnemental ». Ces propositions n’ont aucune valeur contractuelle. Les chiffres annoncés en matière de compensation tournent autour de 150 millions Cfp par an. On y propose aussi la création d’une fondation d’entreprise, qui laisserait à l’entreprise le loisir de gérer ces fonds à sa guise, en l’exonérant éventuellement d’impôts. Si on considère l’évaluation du coût des seuls rejets du CO2 : plus de 55 millions d’euros par an, ces proposition, laissées au bon vouloir des industriels sont proprement indécentes.

Les rejets de CO2 doivent donc faire l’objet de compensations en référence avec les tarifs admis par les instances internationales dans le cadre de l’application du Protocole de Kyoto.

Sachant que la consommation des ménages s’élève aujourd’hui à 120 Mw, en période de pic, nous proposons que les compensations de Doniambo, ajoutées à celles de Prony Energie et de Koniambo alimentent un fonds destiné à couvrir la totalité de la consommation des ménages en énergie renouvelable, dans un délai de 15 à 20 ans.

Ce dispositif pourrait comporter des aides directes à l’investissement pour des particuliers ou des sociétés souhaitant produire de l’électricité d’origine renouvelable, solaire, éolienne, houlomotrice, thermique solaire géothermique…et un soutien au rachat de cette  production à un prix incitatif, permettant pour un foyer un retour sur investissement n’excédent pas 7 ans. Il est probable que le coût de ce dispositif reste inférieur au coût induit par l’application stricte du Protocole de Kyoto.

Un tel dispositif tendrait à l’autonomie énergétique du Pays pour ce qui concerne la consommation domestique et à une responsabilisation des citoyens, par un recours massif aux  énergies renouvelables. Il permettrait aussi de réduire, voire d’annuler à terme,  la facture d’électricité des ménages, ce qui constituerait une authentique mesure de lutte contre la vie chère.

Cette compensation pourrait également servir à financer de vastes opérations de reboisement en Nouvelle Calédonie, qui en a bien besoin.

  Le CO2 est reconnu comme un puissant facteur d’acidification des océans. A-t-on évalué l’impact d’une telle quantité de rejets et notamment ceux de Doniambo en matière d’acidification du lagon ? Ce choix énergétique est-il compatible avec le classement des récifs au patrimoine UNESCO et l’engagement  de la France et de la Nouvelle Calédonie pour leur conservation ?

6.    Les risques industriels

La stabilité du sol ne semble pas poser de problème, mais nous considérons que les résultats de « l’étude en cours » devraient être connus avant le début des travaux

Le charbon sera stocké sur une hauteur de plus de 53 mètres, ce qui pourrait constituer une condition favorable au feu. La proximité de la centrale thermique et de l’usine métallurgique est un autre facteur de risque. Que se passerait-il en cas d’accident majeur, compte tenu de la proximité de soufre, de carburant et d’autres sites de stockage de combustibles,( gaz) ?  Un effet domino n’est pas totalement à exclure. Les mesures de prévention, d’alerte et d’intervention sont-ils à la hauteur des risques ? La Nouvelle Calédonie ne dispose pas de Centre pour grands brûlés. 

Conclusion

La population de Nouméa, en particulier des quartiers voisins de Doniambo n’a pas à supporter les nuisances et les atteintes éventuelles à leur santé découlant de la présence d’industries lourdes à proximité immédiate de leur résidence.

Si les entreprises métallurgiques ont besoin de centrales au charbon, il n’est pas acceptable qu’elles échappent au principe pollueur/payeur. Les effest du CO2 sur les changements climatiques et leurs conséquences sont aujourd’hui établis. Le fait d’externaliser leur coût, sous prétexte que la Nouvelle-Calédonie n’est pas soumise au protocle de Kyoto ou que la réglementation n’impose pas leur prise en compte, n’est pas acceptable.

La Charte constitutionnelle institue le principe pollueur/payeur, qu’il convient de faire appliquer en Nouvelle-Calédonie aussi.

Le changement climatique est bien plus qu’un simple problème technique, financier ou politique, c’est un problème moral vis-à-vis des générations futures. A ce titre une politique visant au développement de l’énergie thermique au charbon n’est plus acceptable. Des compensations visant à développer un programme volontariste des énergies renouvables et de reboisement créateur d’emplois et de richesse à long terme, rendrait l’énergie thermique au charbon que réclament les usines métallurgiques un peu moins insupportable.

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  Le dernier film de Coline Serreau est à voir à la FOL le jeudi 22 juillet et le samedi 24 juillet à 18h00 (Billets en vente sur place au tarif de 500 F. Des pré-ventes auront lieu le samedi 17 juillet au marché de  la Moselle et le dimanche 18 juillet au marché BIO du parc Forestier).

 Synopsis film « Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. » Coline Serreau, réalisatrice Durée 1 h 53. Bande annonce visible à : http://www.solutionslocales-lefilm.com/bande-annonce-et-extraits

 Dépassant la simple dénonciation d’un système agricole perverti par une volonté de croissance irraisonnée, Coline Serreau nous invite dans « Solutions locales pour un désordre global » à découvrir de nouveaux systèmes de production agricole, des pratiques qui fonctionnent, réparent les dégâts et proposent une vie et une santé améliorées en garantissant une sécurité alimentaire pérenne.

 Caméra au poing, Coline Serreau a parcouru le monde pendant près de trois ans à la rencontre de femmes et d’hommes de terrain, penseurs et économistes, qui expérimentent localement, avec succès, des solutions pour panser les plaies d’une terre trop longtemps maltraitée.

Pierre Rabhi, Claude et Lydia Bourguignon, les paysans sans terre du Brésil, Kokopelli en Inde, M. Antoniets en Ukraine… tour à tour drôles et émouvants, combatifs et inspirés, ils sont ces résistants, ces amoureux de la terre, dont le documentaire de Coline Serreau porte la voix.

Cette série d’entretiens d’une incroyable concordance prouve un autre possible : une réponse concrète aux défis écologiques et plus largement à la crise de civilisation que nous traversons.

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, crée des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez moi, ou crevez avec moi ( à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse.)

Sauvez- moi ou crevez avec moi. Evidemment , dit comme ça, on comprend  qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés)

 S’efforcer. Réfléchir même.

Et sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

                                                                                                                                             Fred VARGAS

                                                                                                                                             Archéologue et écrivain

Pistes Débat sur l’école

Fifils

Complément à un premier document envoyé sous le titre : «  Petite contribution au Grand Débat sur l’avenir de l’école calédonienne »

GRAND DÉBAT SUR  L’ÉCOLE.

21 Propositions pour l’avenir de l’école en Nouvelle-Calédonie

  1. Garantir à tous les élèves à la fin de leur scolarité obligatoire, les compétences du Socle commun
  2. Introduire dans le Socle commun un 8° pilier sur les langues et cultures kanak et océaniennes
  3. Faire de l’Education à l’environnement un axe prioritaire de l’apprentissage à l’Ecole
  4. Renforcer la liaison parents/équipe pédagogique par un contrat éducatif qui engage les enseignants, (dans le cadre de l’Aide au Travail Personnel, ou de Programme Personnel de Réussite Scolaire), à permettre à chaque enfant d’acquérir les compétences exigibles,  et les parents à mettre en place les conditions nécessaires de réussite, notamment sur le plan comportemental
  5. A l’intérieur des cycles, organiser les programmes en Unités de Valeurs, que l’enfant acquière tout au long de sa scolarité, et qui sont attribuées par un jury mixte d’enseignants, de parents, de personnalités extérieures
  6. Exiger de chaque élève la réalisation d’un « chef-d’œuvre »soumis à l’évaluation d’un jury, au cours de sa scolarité
  7. Supprimer les notes, les moyennes et  les classements et les remplacer par une évaluation des compétences par «Acquis –Non Acquis-En cours d’Acquisition »
  8. Consacrer le matin aux enseignements de français, anglais, mathématiques, histoire-géo, sciences et l’après- midi à l’EPS, l’expression artistique,  l’aide aux élèves en difficulté, les projets interdisciplinaires et pour les enseignants  à la concertation
  9. Alterner tout au long de la scolarité des périodes de cours avec des stages ou séjours de découverte de la nature, de l’entreprise ou de techniques d’expression artistique

10.  Réduire l’horaire hebdomadaire de cours et mieux répartir le temps scolaire dans l’année en réduisant les grandes vacances scolaires

11.  Attribuer à chaque citoyen, au-delà du temps de scolarité obligatoire et de formation professionnelle, un «crédit formation » pour recyclage ou changement d’activité professionnelle

12.  Organiser la classe en « lieu de vie » avec l’adoption par les élèves d’une « Charte comportementale» en assemblée de classe, sous la responsabilité du Professeur Principal

13.  L’Ecole doit proposer des espaces de parole avec un véritable apprentissage spécifique des règles de communication, la compréhension orale et écrite, l’écoute active, la reformulation, l’argumentation, le débat et le développement des  gestes mentaux tels que l’attention, la compréhension, la réflexion, l’imagination

14.  Redéfinir la fonction des enseignants en incluant dans son temps de travail hebdomadaire forfaitaire (sur une base 35 ou 39 heures ?) : le temps de cours devant élèves, de préparation de cours, de correction, d’aide au travail personnel, de projet interdisciplinaire et de concertation et supprimer les VSO5

15.  Chaque équipe éducative a la responsabilité de définir ses priorités et ses modalités de fonctionnement dans le cadre du projet d’établissement qui  devrait constituer un contrat avec obligation de résultats entre l’équipe, les parents et l’institution de tutelle

16.  L’innovation dans le cadre des projets d’établissement doit être encouragée et accompagnée par les corps d’inspection et de conseil

17.  Un système de primes devrait encourager les enseignants expérimentés à enseigner en brousse ou dans les établissements difficiles du Grand Nouméa

18.  Le système calédonien doit être uniformisé sans être uniforme par l’intégration des établissements privés dans le système éducatif du Pays et le même statut pour l’ensemble des personnels privés et publics

19.  Les établissements devraient être à taille humaine et être organisés en unités pédagogiques ne dépassant pas 60 à 100 élèves, avec un coordinateur de l’équipe pédagogique.

20.  Il faut imposer aux cantines scolaires l’usage de produits locaux avec une quantité progressive de fruits et légumes bio.

21.  Faire des écoles des pôles d’animation culturelle et d’éducation permanente  ouverte aux parents

Guy FOHRINGER

Contribution au Grand débat sur l’Ecole

QUELLE PLACE POUR ÉDUCATION A L’ENVIRONNEMENT  DANS LE GRAND DÉBAT SUR L’AVENIR DE L’ÉCOLE EN NOUVELLE-CALÉDONIE ?

Quelle place allons-nous accorder à l’éducation à l’environnement  dans le système éducatif calédonien suite au transfert de compétence ?  La parole nous est donnée dans le cadre du Grand débat sur l’avenir de l’école organisé par le gouvernement de faire des propositions.  Vous trouverez ci-dessous un extrait d’une contribution plus complète, dont on peut prendre connaissance in extenso sur le site www.monpaysmonecole.gouv.nc:

Quiconque porte un regard lucide sur l’état de la planète et la crise financière, économique, sociale que traversent nos sociétés, se pose nécessairement la question : « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? », qui renvoie à une autre question : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? »

En Nouvelle-Calédonie, ces questions prennent une acuité particulière, du fait qu’il s’agit d’un « Pays qui se construit », en pleine mutation, qui affiche une volonté « d’émancipation », alors que sa dépendance dans de nombreux domaines ne fait que s’accroître : l’alimentation, l’énergie, la santé, que sa population est de plus en plus assistée…et qu’il bénéficie de transferts financiers très conséquents pour satisfaire des besoins élémentaires des populations…

Compte tenu de l’état de la planète, mais aussi de la situation particulière de la Nouvelle-Calédonie, le Pays se doit d’éduquer ses futurs citoyens à :

L’écologie et le respect des équilibres naturels, l’autonomie, la solidarité, la responsabilité des personnes et des collectivités, à la justice et à la démocratie, au sens de l’initiative, de la créativité et de l’engagement citoyen, à l’échange et au partage, à l’ouverture des autres, au respect de la différence et à la convivialité.

Pour reprendre une idée chère à Patrice Godin, l’école se doit de préparer une communauté de vie et de porter un projet de société démocratique et multiculturelle…

L’école calédonienne doit être une école de la vie … On doit y apprendre que la vie est une spécificité de notre planète et qu’il est de notre responsabilité de s’y comporter de façon à y maintenir les conditions qui nous permettent de continuer à y vivre ainsi que les générations à venir. Notre école doit aussi transmettre des connaissances élémentaires sur la terre, la biosphère, les écosystèmes, la biodiversité et tous les éléments particuliers qui en font une planète vivante, comprendre l’impérieuse nécessité de la protéger et le désir de la préserver, à l’échelle de la planète mais aussi dans un environnement proche : »penser globalement et agir localement ».

« Quand l’enfant arrive, le monde est déjà là et il revient à l’adulte de « faire les présentations », d’accompagner ce nouveau venu dans un univers déjà ancien, qui a ses règles, ses coutumes, ses expériences accumulées. Nous avons là une tâche d’intégration dans la « domus- la maison, qui est toujours plus ou moins une opération de « domestication »…C’est dans cet esprit, suggéré par Ph. Mérieux, qu’il s’agit d’initier à l’écologie science des équilibres naturels et à l’économie, gestion de nos activités de production, d’échanges et de consommation, qu’il nous appartient de réconcilier, en ne perdant pas de vue que « eÏkos », maison est la racine commune à écologie et à économie.

Pour beaucoup de calédoniens, la maison est une case, d’où l’importance d’ajouter une autre dimension forte : une approche pour tous de la culture kanak et plus largement des cultures océaniennes….

Le 7 juillet 2010                               Guy FOHRINGER

Forum-Conférences : Du champ à l’assiette – Samedi 12 juin Bibliothèque Bernheim

 

 

 

 

 

 

 

Un week-end à Boghen

P1000814m                                                                                             

Le week-end des 6 et 7 mars 2010, avec l’autorisation du chef de clan Banreu mé Djuara – Négwamwé Nédjoumé, propriétaire coutumier de Péya, nous avons effectué une plantation de 300 pieds de forêt sèche ceci en collaboration avec le Programme Forêt Sèche.

 Nous, membres et sympathisants d’Action Biosphère, avons commencé ce samedi matin par une coutume afin de remercier le clan hôte qui nous permet d’effectuer ce week-end de plantation. Cet échange fort était encore gonflé par le sentiment unanime de l’importance de la préservation de la biodiversité pour l’avenir du pays. La cinquantaine de volontaires s’est dirigée dès 9h vers le terrain préalablement clôturé contre les cerfs. 

Ce sont en premier lieu les barres à mine et les pelles qui ont été utilisées afin de préparer les trous, puis alors que certains continuaient à creuser, les premiers plants ont été mis en place. Tous les participants avaient du cœur à l’ouvrage et en près de 3h, tous les plants étaient en terre et arrosés, de même qu’était nettoyé de tous ses envahissants (beaucoup de faux basilics) le sous-bois de la forêt sèche encore présente sur ce site.

 

 

 

 

 

Ce sont alors des volontaires fatigués mais heureux qui ont pu suivre la visite explicative de MM. Hénocque et Butin sur la forêt sèche, son fonctionnement et son importance dans la biodiversité Calédonienne.

Le repas du midi, préparé par les familles, a permis à tous de recouvrer des forces tout en prenant le temps de faire connaissance et d’échanger sur cette matinée comme sur la balade prévue l’après-midi.

 

C’est vers 14h30 après une sieste, que deux groupes se sont formés pour une balade le long du creek de la tribu. Les groupes ont ainsi cheminé pendant plus de 2h en suivant les explications données par nos deux charmants et passionnants guides que sont Vahimoana Fogliani et Stéphane Hénocque. Le retour chez les Banreu et la collation qui nous y attendait ont été pour tous un moment de détente et de repos après cette journée active.

C’est un délicieux repas de grillades de cerf qui avait été préparé, et nous avons tous passé une excellente soirée marquée par un spectacle organisé par les enfants de la famille et ses amis avec pour maître de cérémonie le fils Dany toujours prompt par sa gentillesse et son humour à entraîner tout le monde à sa suite.

Le dimanche matin, après une nuit réparatrice, un petit déjeuner nous attendait, avant une visite des cultures « bio » de la famille. Une fois le rangement du campement terminé, nous avons déjeuné de grillades et de délicieuses salades de poissons avant d’effectuer une coutume de remerciement pour l’accueil merveilleux que nous avons reçu et c’est avec l’envie de réitérer une expérience aussi agréable que nous nous sommes séparés. 

Nous tenons encore à remercier le clan et ses alliés pour ce week-end qui restera longtemps gravé dans la mémoire de tous ceux qui ont eu la chance d’y participer.

Rassemblement pour le climat - Samedi 24 octobre

COMMUNIQUE DE L’ASSOCIATION « ENSEMBLE POUR LA PLANETE »

Madame, Monsieur,

Le sommet de Copenhague approche…

Pour tous les citoyens du monde, il est encore temps de faire pression sur les autorités qui négocieront, du 7 au 18  décembre, le nouveau traité de lutte contre le réchauffement climatique afin de leur demander de s’engager à stabiliser le climat.

niveau co2Pour cela, la quantité de dioxyde de carbone (CO2) atmosphérique doit revenir à 350 parties par millions (= 350 ppm) soit 0,035 % du volume de l’atmosphère.

La concentration en CO2 dans l’air était de 280 ppm avant l’ère industrielle. Elle est aujourd’hui d’environ 400 ppm.  Au rythme actuel des émissions (industrielles, agricoles, des transports…), elle pourrait atteindre 600 ppm en 2100. La Terre ne serait alors plus habitable…

Dans ces conditions, où iraient nos enfants ?

Notre responsabilité morale est écrasante !

Mobilisons-nous tant qu’il en est encore temps !

Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie rejette annuellement 13,7 tonnes de CO2 par habitant contre 7 tonnes en France. Dans quelques années, quand les centrales thermiques au charbon de Prony Energie, Doniambo et Koniambo seront en fonction, nous émettrons 36,8 tonnes par an et par habitant, un peu moins que le Qatar et mais loin devant les USA (23 T / an / hab).

Que voulons-nous dans le domaine de l’énergie ?

L’élaboration d’une politique ambitieuse de développement des énergies renouvelables, avec notamment :

-  la taxation du fuel et du charbon à l’importation et l’affectation des recettes à un fonds de développement des énergies renouvelables

-  le paiement, par les industriels, du juste prix de l’énergie qu’ils consomment en y intégrant une compensation carbone efficace.

EPLP vous appelle à venir témoigner de votre engagement pour le climat en manifestant habillé de rouge et en faisant du bruit avec tout instrument à votre convenance :

le samedi 24 octobre 2009 face au palais du gouvernement

Baie de la Moselle, à partir de 8 h30 et jusque vers 10h30.

Les participants « écriront » le nombre 350 en se donnant la main et avec divers supports. Les clichés réalisés depuis un point haut seront envoyés à « 350.org » qui leur donnera de la publicité dans le monde entier comme à toutes les autres manifestations du même type organisées partout ailleurs.

La Nouvelle-Calédonie n’est pas à l’écart du monde, elle est DANS le monde !

Rejoignez-nous  et  faites-vous entendre !

Merci de votre engagement.

NB : d’ici samedi, nous vous demandons de bien vouloir écrire le nombre 350 à la craie sur les trottoirs et les chaussées (prudence !), au blanc d’Espagne sur les vitres de votre véhicule, voire de votre maison ou de votre appartement et avec tous autres moyens et lieux à votre convenance (pas d’inscription indélébile SVP) !

Gestion des déchets

Dechets019.jpgPoubelles renversées, conteneurs qui débordent, dépôts sauvages, cannettes sur les bords de routes, déchets qui encombrent les trottoirs, tessons de bouteilles un peu partout, odeurs pestilentielles et lixiviats nauséabonds émanant de tas d’ordures non ramassés, feux dans les dépotoirs, combustion de PVC et ses rejets toxiques de dioxines, montagne de déchets qui s’effondre à Ducos…

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Mobilisation contre le réchauffement climatique

Au nom d’EPLP, je vous remercie d’avoir répondu à notre appel ce soir à ce petit rassemblement impromptu. Nous ne sommes pas nombreux, mais le nombre importe  peu.

Ce qui compte, c’est que ce rendez-vous s’inscrit dans une mobilisation mondiale

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