Si on considère les dégradations programmées et les destructions massives que l’industrie minière et métallurgique inflige au Grand Sud, l’idée d’un « Ecolodge » à Casy,  de prime abord paradoxale, a aussi de quoi séduire, d’autant que le projet se présente comme un outil de développement, créateur d’emplois s’intégrant « harmonieusement » dans son environnement.

Toutefois ce nouveau projet devrait susciter, chez tout citoyen soucieux des affaires de son Pays, au moins quelques questions, voire

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Alerte aux requins dans la Baie des Citrons

1. Main basse sur le domaine public maritime

Pour réaliser son projet, le promoteur utilisera 2 parcelles dont il est propriétaire, mais il envisage aussi de s’accaparer d’une grande parcelle du domaine public maritime, ce qui fait l’objet de l’enquête publique en cours.

Construire sur sa propriété, quoi de plus légitime ? Aliéner une partie du domaine public maritime et spolier les citoyens d’un espace sur lequel ils ont des droits, sans véritable contre partie, c’est plus discutable.

Que deviendrait en effet le littoral si chacun se mettait à revendiquer le morceau de littoral qui se trouve devant sa propriété ? Le littoral est un domaine public où chacun peut librement se promener, se baigner à la mer ou faire la pêche. Il doit le rester.

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Monsieur le Haut Commissaire, 

Nous avons été très honorés d’être invités, par vous-même et Monsieur le Président du Gouvernement de la Nouvelle Calédonie à la Première Conférence sur le Schéma d’Aménagement et de Développement du Pays, mercredi 14 mai 2008 à Koné. Nous sommes satisfaits de constater que de nombreuses autorités, venant d’horizons différents et exerçant des fonctions diverses, se trouvent enfin réunies indépendamment des étiquettes politiques, pour mener une réflexion approfondie sur des problèmes de société, comme l’aménagement de l’espace, les choix énergétiques, le développement industriel ou agricole, la gestion de l’eau et des déchets, les transports, en dépassant le cadre et le calendrier liés aux échéances électorales. Dans un article récent paru dans les Infos sous le titre «  L’après nickel, c’est aujourd’hui » , nous avions d’ailleurs salué cette initiative, tout en déplorant qu’elle arrive bien tard, 10 ans après la signature de l’Accord de Nouméa et l’adoption de la Loi Organique.

Nous avons aussi constaté que tous les intervenants, sans exception ont mis l’accent sur le développement économique, ce qui somme toute, correspondait à l’annonce, mais que l’environnement, une fois de plus a été réduit à la portion congrue, ce qui montre bien que le concept de développement durable, dont l’environnement constitue pourtant l’un des piliers n’est pas encore rentré dans les mœurs.

Nous en voulons pour preuve la réaction des orateurs à la question posée par Monsieur Talamona, qui faisait partie de la délégation EPLP : «  Comment concilier une croissance forte de l’ordre de 7% appelée de tous leurs vœux par les leaders politiques et le problème planétaire du réchauffement climatique qui a d’ores et déjà des conséquences écologiques, mais aussi économiques non négligeables ? » Toute l’assistance a pu constater que cette « question qui dérange » est restée sans réponse, alors qu’elle se trouve aujourd’hui au coeur de toute réflexion sérieuse sur le développement.

Dans ces conditions, parler comme vous l’avez fait lors de votre discours, d’ « absolutisme  écologique » en Nouvelle Calédonie nous paraît hors de propos voire démagogique. Est-ce faire preuve d’absolutisme écologique que de promouvoir une politique « zéro déchets », alors que de nombreuses collectivités en Nouvelle Zélande, en Australie, au Canada, mais aussi en France, ont adopté cette démarche ? Est-ce faire preuve d’absolutisme écologique que de demander l’adoption d’une politique volontariste en matière d’énergies renouvelables permettant comme en Allemagne, au Japon, mais aussi à la Réunion et en France à des particuliers de se doter de panneaux solaires raccordés au réseau ? Est-ce faire preuve d’absolutisme écologique que de demander l’application de mesures telles qu’elles sont prévues dans la Loi cadre de Protection de la nature de juillet 1976 en métropole, qui n’a pas été rendue applicable en Nouvelle Calédonie ?

Vous n’êtes pas sans savoir que la Nouvelle Calédonie a pris en matière de protection de l’environnement un retard considérable, déjà bien avant que cette compétence ne soit transférée aux Provinces. Alors, quand nos déclarations ou nos prises de positions paraissent excessives au regard de quelques esprits archaïques, elles ne relèvent la plupart du temps que du simple bon sens et de ce qui serait considéré ailleurs comme des lieux communs.

Ce retard accumulé, parfois avec la bénédiction de l’Etat, est d’autant moins acceptable que la Nouvelle Calédonie est considérée par la communauté scientifique internationale comme l’un des principaux  hot spots de la planète pour sa biodiversité. De plus, contrairement à une idée largement répandue, que vous contribuez à entretenir, la protection de l’environnement n’est pas de la seule compétence des Provinces, elle est une compétence largement partagée, y compris avec l’Etat. L’exemple le plus flagrant est la lutte contre les feux de brousse, qui implique les Communes, les Provinces et l’Etat, et qui a été au centre des préoccupations de toutes les associations de défense de la nature ces 40 dernières années. Pourquoi a-t-il fallu attendre la catastrophe de la Montagne des Sources pour obtenir un début d’organisation des moyens par la Sécurité Civile ? Pourquoi la Réglementation minière, qui était jusqu’à une époque récente de compétence Etat, n’a-t-elle pas évolué depuis 1954 ? Pourquoi la Nouvelle Calédonie a-t-elle été écartée de l’application du Protocole de Kyoto ? Pourquoi aucune mesure concrète n’a-t-elle été prise en application de la Convention de Rio pourtant ratifiée par la France et applicable en Nouvelle Calédonie en matière de protection de la biodiversité et de lutte contre l’introduction d’espèces exogènes (écrevisses, tortues de Floride…) Pourquoi, malgré l’annulation d’ICPE par le TA pour manquement aux normes environnementales, l’Etat a-t-il continuer à accorder une aide fiscale considérable à une multinationale métallurgique ? Pourquoi autorise-t-on en  Nouvelle Calédonie l’usage de pesticides reconnus cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques interdits en métropole ? Sommes-nous en matière de protection de l’environnement et de la santé, des Français de seconde zone ?

Dans ce contexte, au lieu de parler d’absolutisme écologique, il aurait été plus approprié de souligner le courage de ceux qui s’engagent, souvent en prenant des risques, par une contribution active à la protection de l’environnement, plutôt que de les fustiger.

Pour terminer, nous considérons qu’aucun Schéma d’Aménagement et de Développement crédible ne peut se faire sans un inventaire rigoureux des Zones d’Intérêt Ecologique de Faune et de Flore. Une telle étude constitue, à nos yeux, la pierre angulaire et le préalable à tout programme de Développement ou d’Aménagement. Il serait en effet totalement irresponsable, de livrer un Pays qui a un taux d’endémisme de flore de l’ordre de 80% à l’appétit vorace d’aménageurs et d’exploitants de tous poils en l’absence de connaissances précises et de mesures de protection appropriées des ressources naturelles qu’il recèle.

Nous nous permettons donc de solliciter  de votre bienveillance, le financement et la réalisation d’une telle étude sous l’égide du Muséum d’Histoire Naturelle, comme celle qui a été menée à Santo en 2007.

Veuillez agréer, Monsieur le haut Commissaire, l’expression de notre considération respectueuse.

Action Biosphère, le 20 mai 2008

La roche percée : un gouffre sans fond ou des vases communicants ?
A l’école primaire déjà, on apprend que le littoral est un milieu instable et que la mer est susceptible d’en modifier le profil au gré des vagues et des courants. Ce phénomène naturel qu’on peut observer sous toutes les latitudes est évidemment préoccupant pour tous ceux qui habitent « les pieds dans l’eau » ou ceux qui utilisent la plage à des fins ludiques ou professionnelles.
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Un article paru dans les Nouvelles Calédoniennes le 9 juin 2009 sous le titre « 45000 m3 de sable pour sauver le site » nous apprend que des experts auraient trouvé « une solution douce » pour lutter contre l’océan. Il aura fallu 2 ans à une équipe d’ingénieurs pour trouver que le meilleur moyen de sauvegarder la plage de la Roche Percée était de l’ « engraisser » en y déposant 45 000 m3 de sable. L’article ne précise pas combien de temps le sable va rester à l’endroit où on l’aura déposé, ni quand il va falloir recharger la plage, ni si d’autres solutions ont été envisagées, ni le coût de l’étude. Il ne précise pas non plus la provenance du sable, ni à qui va profiter l’opération. Compte tenu de la proximité du domaine de Gouaro Déva et de ses gisements de sable, la solution semble toute trouvée. Creuser des trous dans le sable en perturbant gravement le milieu naturel pour remblayer la mer, avec un résultat dont chacun sait qu’il ne sera pas durable, pourrait passer pour une plaisanterie de mauvais goût Il y a quelques mois, en effet, nous avions dénoncé le projet d’extraction de sable à la Pointe Vidoire à cause de l’impact que cette carrière aurait eu sur la faune, la flore, les réseaux d’eau de surface et sous terrains. Heureusement ce projet a finalement été abandonné, suite à la mobilisation des populations riveraines et des associations.

[caption id="attachment_233" align="aligncenter" width="400" caption="Baie de Gouaro"]baie-de-gouaro[/caption]

Va-t-on également consacrer 2 ans d’études pour que des experts puissent évaluer les conséquences que l’extraction de sable aura inévitablement sur le milieu naturel sur le domaine de Gouaro ? En creusant des trous en zone littorale, on peut d’ores et déjà prévoir la formation de marais saumâtres, véritables nurseries à moustiques, qu’on sera ensuite fortement tenté d’asperger de Malathion pour ne pas incommoder les touristes. On risque aussi de perturber gravement les réseaux d’eau douce qui s’écoulent sur la plage et dans le lagon, et qui contribuent au développement d’une vie marine originale, alors que cette zone comprenant la Faille de Poe est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. (Voir dans Les Infos notre réponse pour l’enquête publique idoine du 31 octobre 2008) Malheureusement, si elle se réalise, cette opération n’aura pas seulement un impact sur l’environnement, mais aussi sur les finances publiques. En appliquant le tarif du sable de mer sur le marché, on peut se faire une idée de la dépense. Si le sable qu’on va envoyer à la mer est définitivement perdu, les contribuables pourront malgré tout dormir tranquilles, les marchands de sable veillent et ils y trouveront sûrement leur compte : il n’y a pas que la plage qu’on aura « engraissée ».

juillet 2009 Action Biosphère

[caption id="attachment_246" align="alignleft" width="448" caption="Roche percée"]roche percée[/caption]

Paysages du Sud…

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Home, un film attendu

Aujourd'hui classé, demain sur la liste des sites en péril ?

Comme les grands jours de victoire à la coupe du monde de football, la Nouvelle Calédonie a fêté le 8 juillet la décision du Comité du patrimoine de l’UNESCO d’inscrire six sites du lagon calédonien sur la liste des sites à Valeur Universelle Exceptionnelle.
C’est en effet le résultat d’un travail de dix ans et d’un parcours semé d’embûches et de péripéties diverses, même si ceux qui étaient sous les feux de la rampe au Québec n’étaient pas ceux qui étaient au fourneau, quand nous jetions…

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Des vecteurs menaçants

« Le lagon et sa bordure de récifs sont l’écrin de ce pays…

Les communautés de coraux, qui sont le support et le pivot d’une vie extrêmement riche,

sont très sensibles aux changements des conditions physico-chimiques de l’eau qui les baigne…

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Fait divers banal ou catastrophe écologique ?

La forêt sclérophylle ou forêt sèche occupait à l’origine toute la Côte Ouest de Nouméa à Koumac. Elle est composée d’espèces très particulières, qui se développent sur sol sédimentaire ou parfois basaltique, entre le bord de mer et une altitude de 400 m et sont adaptées à un climat sec (moins de 1100 mm…

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