Un titre qui sonne comme une provocation ; Un livre qui dérange et qui ne manquera pas de susciter, des poussées d’urticaire. Et pourtant l’idéologie capitaliste dominante fait aussi en Nouvelle Calédonie, des ravages perceptibles :

  • dans le paysage, avec une dégradation continue des milieux naturels,
  • dans les relations sociales, avec une croissance criante des inégalités
  • dans les mentalités, avec le développement de la consommation ostentatoire des biens matériels, la course au profit, l’esprit de compétition et un individualisme triomphant au détriment des valeurs traditionnelles océaniennes, de solidarité et de partage.
  • Et même dans les croyances, avec une foi dogmatique dans la croissance économique, la valeur absolue du PIB et les miracles de la technologie, susceptible  de nous sauver de tous les maux.

Cette idéologie imprègne notre vie quotidienne, au point de nous paraître  naturelle et  de nous empêcher d’imaginer qu’ « un autre monde est possible ». Hervé KEMPF, explique en un langage accessible et sans faux semblant quels en sont les rouages. Il donne des clés pour en comprendre le fonctionnement. Il esquisse aussi des pistes pour en sortir.

A l’heure où tout le monde parle de « construire le Pays », on ne peut qu’encourager à lire ce livre pour qu’à tous les niveaux,  chacun fasse passer le bien commun avant le profit, la coopération avant la compétition, et l’écologie avant l’économie.

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Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.

Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, crée des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusé.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières ( la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui

On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez moi, ou crevez avec moi ( à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse.)

Sauvez- moi ou crevez avec moi. Evidemment , dit comme ça, on comprend  qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.

D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, (attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille) récupérer le crottin, pisser dans les champs pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés)

 S’efforcer. Réfléchir même.

Et sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d’échappatoire, allons-y.

Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie, une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

                                                                                                                                             Fred VARGAS

                                                                                                                                             Archéologue et écrivain

Energies renouvelables. Plaidoyer pour une véritable politique de l’énergie en Polynésie française.

Une bonne synthèse bien documentée sur la problématique de l’énergie à Tahiti. La situation ressemble étrangement à celle que nous connaissons ici, le nickel en moins. Pour une bonne partie de l’ouvrage, on pourrait substituer Nouvelle Calédonie à Polynésie et le livre conserverait toute sa pertinence.

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L’intelligence du jardinier

l-intelligence-du-jardinier

Un livre qui a le mérite de remettre l’homme à sa place :

Titre : L’intelligence du jardinier

Auteur : Anne France Dautheville

Edition : Arthaud -  mars 2009

Extrait :

« Quand les plantes sont considérées comme des choses, l’agriculture devient une industrie.

Les engrais dans une main, les pesticides dans l’autre, l’OGM en bandoulière, l’industriel de la terre, s’est lancé à la conquête de la planète, et tant pis pour la biodiversité. Pendant ce temps, le jardinier continue d’observer la plante, de lui apporter ce qu’elle demande, sans polluer. Le chercheur, le collectionneur sauvent des espèces menacées, au prix d’aventures étonnantes, et ils réussissent des miracles. Au quatre coins du monde des agriculteurs de plus en plus nombreux reviennent à l’intelligence du jardinier : ils utilisent la science pour comprendre la complexité de la nature, et leurs récoltes sont magnifiques.

Preuve que l’on peut faire autrement. »

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