QUELLE PLACE POUR ÉDUCATION A L’ENVIRONNEMENT DANS LE GRAND DÉBAT SUR L’AVENIR DE L’ÉCOLE EN NOUVELLE-CALÉDONIE ?
Quelle place allons-nous accorder à l’éducation à l’environnement dans le système éducatif calédonien suite au transfert de compétence ? La parole nous est donnée dans le cadre du Grand débat sur l’avenir de l’école organisé par le gouvernement de faire des propositions. Vous trouverez ci-dessous un extrait d’une contribution plus complète, dont on peut prendre connaissance in extenso sur le site www.monpaysmonecole.gouv.nc:
Quiconque porte un regard lucide sur l’état de la planète et la crise financière, économique, sociale que traversent nos sociétés, se pose nécessairement la question : « Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ? », qui renvoie à une autre question : « Quels enfants allons-nous laisser au monde ? »
En Nouvelle-Calédonie, ces questions prennent une acuité particulière, du fait qu’il s’agit d’un « Pays qui se construit », en pleine mutation, qui affiche une volonté « d’émancipation », alors que sa dépendance dans de nombreux domaines ne fait que s’accroître : l’alimentation, l’énergie, la santé, que sa population est de plus en plus assistée…et qu’il bénéficie de transferts financiers très conséquents pour satisfaire des besoins élémentaires des populations…
Compte tenu de l’état de la planète, mais aussi de la situation particulière de la Nouvelle-Calédonie, le Pays se doit d’éduquer ses futurs citoyens à :
L’écologie et le respect des équilibres naturels, l’autonomie, la solidarité, la responsabilité des personnes et des collectivités, à la justice et à la démocratie, au sens de l’initiative, de la créativité et de l’engagement citoyen, à l’échange et au partage, à l’ouverture des autres, au respect de la différence et à la convivialité.
Pour reprendre une idée chère à Patrice Godin, l’école se doit de préparer une communauté de vie et de porter un projet de société démocratique et multiculturelle…
L’école calédonienne doit être une école de la vie … On doit y apprendre que la vie est une spécificité de notre planète et qu’il est de notre responsabilité de s’y comporter de façon à y maintenir les conditions qui nous permettent de continuer à y vivre ainsi que les générations à venir. Notre école doit aussi transmettre des connaissances élémentaires sur la terre, la biosphère, les écosystèmes, la biodiversité et tous les éléments particuliers qui en font une planète vivante, comprendre l’impérieuse nécessité de la protéger et le désir de la préserver, à l’échelle de la planète mais aussi dans un environnement proche : »penser globalement et agir localement ».
« Quand l’enfant arrive, le monde est déjà là et il revient à l’adulte de « faire les présentations », d’accompagner ce nouveau venu dans un univers déjà ancien, qui a ses règles, ses coutumes, ses expériences accumulées. Nous avons là une tâche d’intégration dans la « domus- la maison, qui est toujours plus ou moins une opération de « domestication »…C’est dans cet esprit, suggéré par Ph. Mérieux, qu’il s’agit d’initier à l’écologie science des équilibres naturels et à l’économie, gestion de nos activités de production, d’échanges et de consommation, qu’il nous appartient de réconcilier, en ne perdant pas de vue que « eÏkos », maison est la racine commune à écologie et à économie.
Pour beaucoup de calédoniens, la maison est une case, d’où l’importance d’ajouter une autre dimension forte : une approche pour tous de la culture kanak et plus largement des cultures océaniennes….
Le 7 juillet 2010 Guy FOHRINGER
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