POUR QUE LE TRI SÉLECTIF EN NOUVELLE-CALÉDONIE NE SOIT PAS QU’UN SPORT DE RICHES
Dans tous les pays évoluant vers un mode de vie occidental et la société de consommation, la gestion des déchets pose problème. Les modes de gestion les plus courants sont l’enfouissement, l’incinération ou le tri sélectif. Chacun a ses avantages et ses inconvénients.
Certaines villes et collectivités, en Nouvelle Zélande, en Allemagne, en Australie, mais aussi en France ont opté pour le « zéro déchet », qui consiste en une véritable politique à long terme, qui considère les déchets non plus comme une matière dont il faut par tous les moyens se débarrasser, mais comme une ressource à valoriser et qui vise à réduire autant que possible les déchets. Cette option passe par la réduction des déchets à la source, dès la conception, la production et le conditionnement des produits, une collecte par tri sélectif, l’organisation de filières de valorisation, l’implication des entreprises pour la mise sur le marché de produits totalement recyclables.
Cette solution est d’autant plus intéressante, qu’elle permet d’économiser des matières premières et de l’énergie, qu’elle minimise les risques pour l’environnement en évitant par exemple la pollution des nappes phréatiques liée à l’enfouissement, ou la pollution de l’air consécutive à l’incinération… et de plus elle crée des emplois.
La fermeture du Centre d’enfouissement de Ducos aurait pu être un moment de réflexion plus approfondie débouchant sur des solutions innovantes en Nouvelle -Calédonie.
Malheureusement les constats que nous sommes amenés à faire aujourd’hui sont affligeants :
- Les communes du Grand Nouméa, au lieu de faire front, en associant leurs moyens pour trouver des solutions innovantes abordent ce problème en ordre dispersé
- Les pratiques archaïques d’enfouissement, en usage à Ducos sont pérennisée contractuellement pour de longues années
Et pourtant la ville de Nouméa a adopté en mars 2007, une réglementation qui au premier abord va dans le sens du tri sélectif.
On y distingue explicitement, les déchets non valorisables et les déchets recyclables : papier carton, verre, plastique, métaux ferreux et non ferreux.
En citoyens responsables, nous sommes sensés ne plus mélanger ces déchets et nous devons confier à nos frais, les déchets valorisables à des entreprises chargées de les collecter, en plus de la redevance ordinaire.
Sauf qu’à ce jour, aucune collecte de ces déchets n’est organisée, à l’échelle de la ville, ni par Véolia, qui semble, contrairement à ses campagnes de propagande, totalement désintéressée par ce dispositif, ni par aucune autre entreprise.
Il s’agit donc bien, pour la ville de Nouméa, par voie légale, de faire du tri sélectif un « sport de riche » :
- facultatif, puisque Véolia continuera de collecter indistinctement tous les déchets valorisables ou non pour les enfouir à Païta
- coûteux, puisque les frais inhérents à la collecte sélective des déchets valorisable s’ajoutent à la redevance à laquelle sont déjà astreints les administrés.
En clair, ceux qui ont les moyens de faire du tri sélectif peuvent le faire, à leurs frais, s’ils trouvent des entreprises qui sont disposées à collecter les déchets valorisables. Cette mesure n’aurait de sens que dans la mesure où on interdirait, dans le même temps à Véolia d’enfouir les déchets recyclables, mais ce point n’a pas été semble-t-il à l’ordre du jour des négociations autour de la convention liant Nouméa et le prestataire de service. Cette approche détestable, de la gestion des déchets est évidemment la meilleure façon de couler pour longtemps toute tentative de tri sélectif, avant même de l’avoir essayé.
On pourrait avoir la faiblesse de croire que la gestion des déchets à Païta se fera de façon plus contrôlée qu’à Ducos. Eh bien non, les déchets qui y sont acheminés actuellement sont stockés dans une alvéole « provisoire » sans liner, ce qui semble peu compatible avec les normes en matière d’ISD, disposant d’une autorisation ICPE.
Ceux qui espéraient pour leur jardin récupérer du compost provenant des déchets verts devront également se faire une raison : il ne sera peut-être disponible que mi 2008, et en attendant, contrairement à la pub mensongère qu’on essaie de nous faire avaler, les déchets verts sont enfouis avec le reste de nos ordures.
A tous ceux qui avaient l’espoir de voir adopter enfin par nos décideurs un mode de gestion des déchets respectueux de l’environnement et de la santé, que leur reste-t-il à faire ?
A s’organiser pour gérer de façon responsable leurs déchets, par la mise en place de filières de déchets valorisables en vue de leur recyclage, pour se soumettre à la réglementation adoptée, à terme se soustraire du dispositif actuel et dénoncer l’arnaque et la supercherie dont nous sommes tous plus ou moins victimes.
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Pour ma part j’offres une prestation de tri sélectif depuis presque trois ans mais je n’entends parler que de la SAEM environnement. La SAEM fait ceci, la SAEM fait cela, laissez moi rire. Enfin, ne vous faites pas d’illusion si le tri sélectif n’est aps encore mis en place c’est tout simplement pour une question de gros sous, les communes, comme le SIVU, comme la ^province ne voient que par les multinationales que l’on nous imposent et qui au final ne s’interesse qu’à l’aspect financier du marché.